Nous sommes tous le résultat de notre histoire, de notre éducation et même de nos traumatismes d’enfance. Ces-derniers nous poussent particulièrement à changer de personnalité, à porter des masques en pensant ainsi nous protéger de la souffrance.

À quel point nos traumatismes de l’enfance peuvent-ils affecter notre vie d’adulte ? Nous en parlons dans cette vidéo, nous inspirant de ce livre : « Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même » de Lise Bourbeau. Nous ne sommes pas forcément d’accord avec toutes les croyances qu’elle partage dans le livre, mais certains des conseils qu’elle partage peuvent être suffisamment puissants pour aider un adulte mal dans sa peau à trouver le chemin de la reconstruction.

Selon Lise Bourbeau, les traumatismes subis pendant l’enfance peuvent être regroupés en 5 grandes blessures. Pour chacune de ces blessures, la personne qui en souffre porte un masque pour se protéger. Nous verrons chacune de ces blessures, leurs différents masques et les astuces pour guérir et se reconstruire.

  • La première blessure est le rejet, c’est la blessure qui fait en sorte que la victime se sente repoussée, rejetée dans son droit d’exister. C’est le cas des enfants issus de grossesses non désirées (à l’issue d’un adultère ou d’un viol, le cas de parents trop jeunes), des enfants non désirés, car nés avec une condition spécifique (un albinisme, etc.), ou alors nés dans des circonstances particulières (maman qui décède pendant l’accouchement).

Les personnes qui ont été rejetées portent le masque du « fuyant ». Ce masque fait d’elles des personnes qui vivent dans la panique. Terrifiées d’être rejetées, elles se replient sur elles-mêmes pour fuir toute personne ou situation qui lui rappellerait son rejet. Du fait du rejet ressenti, le fuyant essaye d’adopter une attitude « parfaite » aux yeux de tous, mais les plus proches, comme le conjoint, peuvent déceler sa vraie personnalité. Le fuyant a tendance à développer beaucoup de rancune et de haine envers les autres.

  • La deuxième blessure est celle de l’abandon. Tout comme le rejet, elle touche directement l’être de la personne qui le subit. À la différence du rejet, l’abandon implique que le parent le quitte ou s’éloigne de lui temporairement ou définitivement. Ceci peut être le cas des enfants abandonnés à leur naissance, dans un orphelinat ou dans la nature, ceux laissés à vivre chez des grands-parents, un oncle ou une tante. Cela peut également être le cas d’un enfant dont le parent est décédé, ou celui dont le parent s’est éloigné pour cause d’un divorce ou d’un abandon du domicile familial.

La personne abandonnée porte le masque du « dépendant ». Elle a tendance à se victimiser et donc à dramatiser les situations pour inspirer la sympathie et même la pitié afin d’attirer l’attention. Elle peine à prendre des décisions toute seule et peut demander des conseils sans forcément les suivre. Elle a peur de la solitude, raison pour laquelle éviter très souvent d’aborder les sujets fâcheux avec son entourage, pour ne pas être abandonnée. Le dépendant a besoin de l’attention et du soutien des autres, mais il ne se rend pas compte que lui-même n’en donne pas assez.

  • La troisième blessure est celle de l’humiliation. La personne qui la vit se sent rabaissée, comparée, contrôlée. Elle a le sentiment de ne pas toujours pouvoir faire ce qu’elle veut à cause du regard pesant du parent sur elle. Elle développe alors un sentiment de honte, honte d’elle-même et peur de faire honte au parent. Ceci peut être le cas des enfants vivant avec des parents dictateurs ou ceux qui comparent constamment leurs enfants.

La victime de cette blessure porte le masque de « MASOCHISTE ». Le masochisme est le comportement d’une personne qui trouve de la satisfaction et même du plaisir à souffrir. Elle recherche la douleur et l’humiliation la plupart du temps de façon inconsciente. Elle se donne la peine d’aider les autres, mais très souvent, elle se sent humiliée et a le sentiment qu’on abuse d’elle puisqu’elle est rarement reconnue pour tous ses efforts. Elle peut être très fusionnelle avec son parent, au point d’être traitée de « fils à maman » ou « fille à papa ». La plus grande peur du masochiste est donc la liberté. Il est convaincu qu’il ne saurait pas gérer le fait d’être libre à sa guise. Il s’arrange donc inconsciemment pour ne pas l’être et, la plupart du temps, c’est lui qui le décide.

  • La quatrième blessure est celle de la trahison. Celui qui en souffre a généralement une relation très attachante avec son parent de sexe opposé envers qui il développe un complexe d’Œdipe ou d’Électre très poussé. Il peut se sentir par exemple trahi par ce parent qui est infidèle à l’autre parent. C’est parfois aussi le cas pour un enfant qui vit dans un foyer où il y a des violences domestiques, ou encore un enfant qui subit des abus.

La personne qui souffre d’une blessure de la trahison va porter le masque du « contrôlant ». Très exigeantes avec elles-mêmes, elles veulent montrer aux autres ce dont elles sont capables. Elles vivent tout acte de lâcheté comme une trahison. Elles s’en voudront énormément de lâcher un projet, de ne pas avoir eu le courage d’aller jusqu’au bout. Elles ont beaucoup de difficulté à accepter la lâcheté chez les autres. Comme elles éprouvent de la difficulté à accepter toute forme de trahison provenant d’elles-mêmes ou des autres, elles font tout en leur pouvoir pour être des personnes responsables, fortes, spéciales et importantes. Le contrôlant est celui qui a le plus d’attentes envers les autres parce qu’il aime tout prévoir et ainsi tout contrôler.

Le contrôlant a une forte personnalité. Il affirme ce qu’il croit avec force et s’attend à ce que les autres adhèrent à ses croyances. Il se fait rapidement une opinion sur une autre personne ou sur une situation et il est convaincu d’avoir raison. Il affirme son point de vue de façon catégorique et il veut à tout prix convaincre les autres.

  • La cinquième blessure est celle de l’injustice. Une personne qui souffre d’injustice est donc celle qui ne se sent pas appréciée à sa juste valeur, qui ne se sent pas respectée ou qui ne croit pas recevoir ce qu’elle mérite. Cette blessure peut être développée par les enfants qui ont des responsabilités très tôt (enfant-parents ou enfants aînés), par des enfants qui ont vécu dans une pauvreté extrême.

Les personnes qui en souffrent portent un masque de « rigide ». Ce sont des personnes froides, rudes et sèches. Elles sont très perfectionnistes et vivent avec beaucoup de colère, d’impatience, de critique et d’intolérance envers elles-mêmes. La victime d’injustice est plus encline à ressentir de l’envie envers les plus nantis qui, selon lui, ne le méritent pas. Elle peut aussi être convaincue que les autres sont envieux d’elle de leur abondance. Lorsque le rigide est convaincu d’avoir raison face à l’autorité ou face à quelqu’un qui se croit être une autorité en la matière, il se justifiera jusqu’à ce qu’on lui donne raison. Il craint l’autorité, car il a appris étant jeune qu’elle avait toujours raison. Lorsque les autres semblent douter de lui et posent beaucoup de questions concernant une situation, alors qu’il sait avoir été honnête et juste, il vit cela comme une inquisition et ressent de l’injustice.

Il est possible de vivre plusieurs de ces blessures, mais il y en a une qui va toujours dominer sur les autres.

La question que vous vous posez sûrement, c’est Comment se reconstruire après tous ces traumatismes ?

Eh bien, ce n’est pas facile, c’est un processus que vous pouvez réussir tout seul avec beaucoup de détermination. Mais le traumatisme pourrait être tellement profond que vous avez besoin de vous faire accompagner.

Étape 1 : Reconnaissez votre blessure et acceptez-la.

De quel traumatisme avez-vous souffert ? Quel masque portez-vous ? Dans quelles circonstances particulières le portez-vous ?

Étape 2 : Acceptez votre souffrance

Le masque vous permet de vous cacher et aussi de refouler votre souffrance et vos émotions.  Acceptez que vous souffrez, montrez-vous vulnérable ; pleurez si vous en avez besoin.

Étape 3 : Travaillez sur vous-même

  • Si vous êtes fuyant, vous devez apprendre à affronter toutes les situations
  • Si vous êtes dépendant, vous devez apprendre à devenir autonome
  • Si vous êtes masochiste, vous devez développer votre estime personnelle
  • Si vous êtes contrôlant, vous devez apprendre à lâcher prise
  • Si vous êtes rigide, vous devez apprendre à être plus flexible.

Je sais que ce n’est pas toujours facile, mais n’oubliez pas que vous pouvez demander de l’aide si vous en avez besoin. Prendre conscience de la situation est déjà un pas pour la reconstruction.